Que mangeaient nos ancêtres les hommes préhistoriques ?

 Des pistes de réflexion pour aller vers une santé optimale.

Podcast et article complet ci-dessous.

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Que mangeaient nos ancêtres les hommes préhistoriques ?

Quelques éléments en provenance du livre « Sapiens : une brève histoire de l’humanité » de Yuval Noah Harari (2015, éditions Albin Michel).

Pour répondre à cette question, j’ai cherché des sources fiables et j’ai trouvé le livre de Yuval Noah Harari, un professeur d’histoire à l’université hébraïque de Jérusalem, « Sapiens, une brève histoire de l’humanité ». Bon, « brève », le livre fait quand même 500 pages. C’est un best-seller sorti dans le monde entier, plein d’humour, très facile à lire, je vous le recommande :-D.

Le genre Homo est apparu il y a 2,5 millions d’années en Afrique. Il appartient à la famille des grands singes, comme le chimpanzé et le gorille. C’était un nomade, sa maison était son territoire tout entier, jusqu’à la révolution agricole vers -12 000 ans, période durant laquelle l’être humain, Homo sapiens, s’est mis à cultiver des céréales.

Pendant plus de 2 millions d’année, Homo consommait principalement des plantes : baies, feuilles, tubercules mais aussi des insectes, quelques petits animaux et des charognes (dont la moelle des os). Le gros gibier était rarement chassé. L’alimentation était crue, jusqu’à l’utilisation du feu il y a 300 000 ans. En mettant le feu aux forêts, Homo les a transformées en prairies, attirant le gibier et donc augmentant la quantité de nourriture. En faisant cuire des aliments normalement indigestes, comme le blé, le riz ou les pommes de terre, Homo a pu élargir ses choix alimentaires. Il lui était également plus facile de mâcher et de digérer (fruits, noix, insectes et charognes). Il aurait passé moins de temps à se nourrir. Les dents sont devenus plus petites et les intestins plus courts. L’apparition de la cuisine aurait permis une croissance importante du cerveau. En effet, les longs intestins demandent un apport important d’énergie, tout comme le cerveau. Avec des intestins plus courts, le cerveau aurait bénéficié de plus d’énergie, d’où son développement.

Le seul aliment sucré de l’époque était le fruit mûr. Les douceurs étant rares, l’individu qui en trouvait sur un arbre devait en manger le plus possible avant qu’une bande de babouins n’arrive ! Cette théorie expliquerait l’attrait actuel pour le sucre.

Tout comme ses ancêtres Homo, la cueillette était encore la principale source de nourriture pour Homo sapiens (-200 000 ans). Celui-ci se nourrissait de façon irrégulière et opportuniste. Il ramassait des termites, cueillaient des baies, déterrait des racines, traquait des lapins et chassait bisons et mammouths. Pour être efficaces, ils devaient bien connaître leur territoire, les saisons, les cycles des plantes, les habitudes de chaque espèce animale, quelles végétaux étaient curatifs et lesquels rendaient malades, quels étaient les signes annonciateurs de l’orage, comment fabriquer un couteau en silex, repérer les animaux sans faire de bruit, être attentif au feuillage des arbres pour y découvrir des fruits, des ruches,…  Ces hommes étaient très avertis et habiles (plus qu’aujourd’hui : la taille du cerveau d’un être humain a… diminué depuis !). Leur mode de vie était gratifiant. Leur nutrition était idéale (diversifiée, elle contenait tous les nutriments indispensables), elle était la même depuis des centaines de milliers d’années, le corps humain était bien adapté. L’espérance de vie était de 30-40 ans du fait d’une forte mortalité infantile, mais on pouvait vivre jusqu’à 60 voire 80 ans et plus.

Tout ceci s’est dégradé il y a 12 000 ans avec la révolution agricole. Plus petits et en moins bonne santé, les cultivateurs vivaient aussi moins longtemps. Leur alimentation était très limitée et déséquilibrée (beaucoup de céréales donc pauvre en vitamines et minéraux, et difficile à digérer). Ils étaient exposés à la famine si la récolte était ravagée (sécheresse, inondation, maladie, vol,…). Leur vie était difficile : porter des seaux d’eau, arracher les herbes, enrichir la terre,… L’activité physique était très éloignée de celle d’origine dans laquelle il fallait grimper et courir. Les bébés étaient sevrés très tôt et on leur donnait des bouillies de céréales. La mortalité infantile était très importante (malnutrition, maladies infectieuses). Avec l’abondance de nourriture en période faste et l’augmentation de la fécondité (l’allaitement long limite la fertilité), la croissance démographique explosa. Il a fallu cultiver toujours plus pour nourrir tout le monde et travailler toujours plus dur. Les paysans s’inquiétaient de leurs récoltes pour les années à venir contrairement aux nomades chasseurs-cueilleurs qui vivaient dans l’instant, leur épargnant quantité d’angoisses.

 

> Mes questionnements après cette lecture :

– les fruits sont très faciles à digérer, en quoi la cuisson aurait augmenté leur digestibilité ?

Homo sapiens cuisait-il toute son alimentation, une partie ? Si une partie, quel pourcentage ?

– à partir de quand l’homme a-t-il commencé à investir son cerveau ? sûrement avant de faire du feu puisque ce serait son cerveau qu’il y aurait conduit logiquement. donc quid du cuit sur le cerveau : corrélation ou causalité ?

– sur le plan de la santé/longévité, il est fait la différence entre les Homo sapiens (qui cuisaient les aliments et avait une alimentation variée) et les cultivateurs (qui cuisaient également leurs aliments mais avec une alimentation pauvre). Mais il n’y a pas d’explication sur une éventuelle différence entre les Homo avant et après utilisation du feu.

 

Apport d’un autre livre sur la question de l’alimentation chez nos ancêtres préhistoriques. :

« Du cuit au cru » de Dominique Guyaux (2021, éditions Médicis).

Les scientifiques sont capables de déterminer l’alimentation de nos ancêtres grâce à l’étude des microtraces d’usure gravées à la surface des dents fossilisées. Des stries verticales et longues indiquent une alimentation axée sur la viande alors que des stries horizontales montrent une alimentation plus riche en végétaux. Les hommes ont des stries obliques depuis le début, ce qui montre que l’homme est un omnivore. Nous serions spécialisés dans la « non-spécialisation » ! Ce qui est très intéressant puisque cela permet de survivre avec des alimentations très variées.

Pendant 4,5 millions d’années, nos ancêtres étaient « cueilleurs » sans outils (de 7 à 2,5 millions d’années). Ils ne consommaient qu’un seul aliment (cru) par prise alimentaire. L’aliment aurait été choisi à l’odorat. Puis l’homme est devenu « cueilleur/collecteur » : il a commencé à assembler les aliments (crus) dans une même prise alimentaire. Ceci a complexifié la digestion.

En mono-aliment nos ancêtres faisaient entre 4 et 6 repas par jour. On distingue les aliments permanents (légumes, algues, coquillages), saisonniers (fruits frais, oléagineux) et aléatoires (miel, fruits séchés, viande, poisson, crustacés).

Certaines personnes sont capables de se passer de produits animaux en étant en parfait santé mais d’autres ne pourront pas s’en passer. Des causes génétiques se cacheraient derrière cette disparité (différents peuples : certains auraient été gros consommateurs de viande alors que d’autres plutôt végétariens).

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